Chapitre premier :
(Suite)
Depuis, la ville des jonquilles était surnommée « La ville des Jonquilles Mortes ». La ville, auparavant un grand centre de commerce, était devenue désertique. Plus personne n’osait s’y aventurer, de peur de connaître le funeste destin de ses habitants.
Lorsque Conal arriva en vue de Cyan, il était environ midi. Affamé, il pénétra dans le village, entra dans une maison à moitié calcinée et se servit. Après ce bon repas fait de conserves (notre ami ne sait pas cuisiner), il sortit de sa maison provisoire et enquêta aux alentours du village.
Il n’y avait pas de doutes : des traces de brûlures sur les murs des maisons, des empreintes parsemées ici et là, des lambeaux de chairs accrochés un peu partout… Un dragon était passé par là, et avait eu la bonne idée de s’arrêter faire une pause déjeuner.
« Mais pourquoi ? », pensa Conal. « Les dragons n’existent plus qu’en petit nombre, pourquoi est ce que l’un d’entre eux aurait eu l’idée de sortir de sa caverne pour s’enfiler deux ou trois paysans et brûler un ou deux villages au passage ? »
Il n’y avait qu’une réponse à cela : c’était le dragon que notre jeune homme chassait. Il pouvait le déduire rien qu’en regardant le style d’attaque du dragon : on y voyait sa signature partout. Le village intact en extérieur, et réduit au néant à l’intérieur. De plus, le dragon utilisait un programme de feu niveau 5.
- Je peux vous aider ?
La voix avait jaillit de nulle part. Inquiet, Conal mis sa main sur la paume de son épée. L’intrus avait dissimulé son aura jusqu’à réussir à tromper les sens du chevalier. Une sorcière ? Une magicienne ? Ou bien le dragon lui-même déguisé ? Impossible. Le dragon qu’il recherchait était un mâle : il en était sûr. Et seules les femmes possédaient des pouvoirs magiques. (D’où le besoin des dragons mâles d’utiliser des programmes d’élémentaires pour cracher du feu, de l’eau ou autre chose). Conal n’avait actuellement pas sa cape sur lui : il l’avait laissé dans une sacoche accrochée à la selle de Vivi. Il n’y avait donc aucune chance qu’on découvre son identité : personne ne connaissait son visage, tout le monde ne connaissait que sa légende :
Un homme à l’épée luisante de sang, une cape déchiquetée de parts en part…
Un regard perçant, envoûtant, effrayant…
Bien sûr, il avait encore son épée sur lui, mais c’était la mode d’en avoir une comme ça. Tout le monde se faisait passer pour « le fameux chevalier ». Et oui, comme personne ne connaissait son nom, on l’avait surnommé : « Le fameux chevalier ». Quant à son regard soit disant perçant et envoûtant… Ben il ne voyait pas du tout comment les gens avaient réussit à lui inventer une chose pareille : il avait juste de grands et beaux yeux verts. Rien de très effrayant…
Mais fermons cette parenthèse, notre dame s’impatiente :
- Vous avez besoin de quelque chose ?
Conal se retourna vivement, la main toujours figée sur son épée. Devant lui se tenait une magnifique jeune femme, les cheveux longs et ondulants, un regard clair, le genre de regard à faire tomber tous les hommes (voire même certaines femmes). Mais Conal ne fut pas dupe : il était encore tout innocent, et ne connaissait rien aux pièges de l’amour.
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