Chapitre second
(Suite)
---------Apparemment, Yami s’était trompée. Quant ils arrivèrent, quelques jours plus tard, la ville des Violettes était en pleine effervescence. Etant un jour de marché, des couleurs vives et flamboyantes couraient dans les rues, des vendeurs criaient leurs marchandises aux passants, et des enfants parcouraient les rues en riant joyeusement.
- On ferait mieux de trouver une auberge pour la nuit, n’est ce pas Yami ?
La jeune fille ne l’écoutait pas. Soucieuse, elle regardait à droite et à gauche, comme si elle quêtait un article de bonne qualité ou une attaque soudaine.
- Yami, tu m’écoutes ?, répéta Conal.
La jeune fille sursauta.
- Ah, euh oui ! Une auberge c’est ça ? C’est une bonne idée. Nous dormirons là bas ?
- Oui, répondit-t-il. Ça fait longtemps que je n’ai pas dormi sur un lit digne de ce nom, et Vivi doit se reposer de temps en temps, alors autant profiter de la ville. Je pourrai interroger des passants pour savoir si un dragon s’est manifesté autour de la ville récemment.
- Bonne idée !, renchérit la Voleuse. Bon, ça te dérange si je pars devant ? J’ai remarqué quelques objets intéressants que je pourrai vol… hrruuum, marchander facilement.
- D’accord, on se donne rendez-vous dans une heure ici, ajouta le chevalier. Ne te fais pas attraper surtout !
La jeune fille lui tira la langue et se fonda dans la foule grandissante de la ville. Parfait, c’est exactement ce qu’attendait Conal. Il attrapa les rennes de Vivi et sortit tranquillement de la ville. Lorsqu’il fut à bonne distance, il s’arrêta. Il examina d’un coup d’œil le terrain, attacha Vivi à un arbre et soupira. Il prit son inspiration et dit :
- Sortez ! Vous nous suivez depuis ce matin. Je suis seul, la fille n’est plus là. Attaquez !!
Il y eut un grand silence. Puis une voix grave se fit entendre.
- Je suis vraiment étonné que tu aies réussi à nous détecter. Je t’ai sous estimé.
Plusieurs hommes masqués, vêtus de noir surgirent de nulle part. Ils étaient tous dangereusement armés.
Des couteaux et autres lames, toutes aussi tranchantes les unes que les autres étaient accrochées sur chacun des étrangers.
- Qui vous envoie ?, demanda calmement Conal en sortant son épée.
- La ferme ! Tu n’es pas en mesure de poser des questions !
Conal sourit.
- Tu y répondra quand je t’aurais battu. Pourquoi pas maintenant ?
L’homme ne répondit pas et fonça vers lui. Conal para aisément le coup, se volatilisa comme par magie et réapparut derrière l’assaillant. Il ferma les yeux et frappa froidement du plat de sa main le cou de l’individu, qui s’écroula par terre, inconscient. Les autres membres eurent l’air outré :
- Lâche ! Tu ne l’a même pas tué ! Comment se lavera-t-il de sa honte alors que tu n’as même pas dégainé son épée contre lui ?
- Fermez-la ! Une vie ne se gâche pas si facilement. De toute façon, c’est ce qui va tous vous arriver !
Ils foncèrent tous sur lui, l’épée dégainée, sauf un qui resta en arrière. Il ne semblait pas être armé. Conal les acheva tous de la même façon que le précédent, avec une froideur et un regard impassible. Puis il se tourna vers le dernier restant.
- Tiens, tu n’es pas armé ?, s’étonna-t-il.
L’homme ne répondit pas et s’élança vers Conal. Refusant de frapper un homme désarmé, il se contenta d’esquiver l’homme… et sentit une vive douleur lui transpercer le ventre. Il hoqueta de surprise et, encore sonné, se tourna vers son ennemi qui le regardait d’un œil moqueur.
- Tu es trop naïf gamin. Tu ne pensais pas que j’allais venir à toi sans armes ?
- Je… je vois, murmura Conal. Tu m’a fais baisser ma garde et me faisant croire que tu m’attaquais à mains nues…
La blessure était profonde, mais elle ne l’empêchait pas de bouger. De plus, il avait un sort guérisseur sur la selle de Vivi, donc ce n’était pas la peine de s’inquiéter pour le moment.
- Tu utilises un sort d’invisibilité de niveau 1 sur tes armes n’est ce pas ?
- Exact, tout comme tu utilises la magie pour te téléporter derrière tes ennemis.
Conal haussa un sourcil étonné.
- Moi, la magie ? Tu te fiches de moi j’espère. Je suis tout simplement… - Il disparut et réapparut devant son adversaire. - … trop rapide pour toi.
Et d’un geste sec, il transperça de sa lame le corps de l’homme qui se tenait devant lui, sa cape volant derrière lui. Sa lame étincela de rouge, et l’homme vit son propre sang jaillir hors de lui. Ecarquillant les yeux, il chuchota dans son dernier souffle :
- … C’est impossible… Le Fameux chevalier à la lame rouge… Maître…